Colin Arros homme à fleurs.

La méthode Colin Arros.

Colin Arros est un personnage bien connu sur le circuit du triathlon en France. Licencié au Team Landi, ce Breton de 24 ans adepte du short à fleurs nous accorde une interview du haut du Roc’h Trevezel.

Colin Arros , un état d’esprit, un short.

Etre sportif
Sport = sacrifice ?
« No pain, no gain »
L’entrainement vélo
Quel entrainement faire ?
Chacun sa motivation
Pas de planification
Pas d’entraineur
Pas d’étirements
S’entrainer aux sensations
Short à fleurs en course

1° Tu fais du triathlon depuis ton plus jeune âge, ça fait 10 ans maintenant, si tu avais à résumer 10 ans de carrière en 1 paragraphe ?

Hum… Difficile comme début d’interview… Y’a un mec chauve drapé en orange au tibet qui a dit un jour : « Plus on en sait, moins on en sait. » Pour moi c’est complètement ça : Je suis arrivé dans le triathlon à 14 ans en ne sachant pas grand-chose mais en étant sûr de ce que je savais : Faut s’entrainer pour être bon / Faut faire des séances sur piste et nager avec des plaquettes pour être bon / Y’a qu’une seule finalité, c’est de gagner / C’est tout. 10 ans plus tard, à presque 24 ans, je commence à peine à me rendre compte que le triathlon est en réalité un moyen de dingue pour servir d’autres finalités encore plus sympas que de gagner une course. Je ne dis pas que je me suis blasé, bien au contraire. Plus le temps passe, plus j’ai le sentiment d’ouvrir les yeux sur le potentiel de fun qu’il y a dans le triathlon. Et c’est hyper cool. (T’avoueras que c’est quand même génial de commencer l’interview par une réponse qui va paumer tout le monde d’entrée de jeu. Surtout quand ta question c’était plutôt de savoir ce que j’avais fait d’intéressant pendant ces dix ans lol…)

2° Première distance Ironman de terminée à Port Louis en 2017, comment as-tu vécu cette course (Tu confirmes les bienfaits de la chips ?), prêt pour remettre ca ?

Oh, c’était très légèrement particulier à vivre puisque j’ai pris le départ blessé, fatigué et anémié, sans avoir dormi la nuit d’avant, et sur la course j’ai passé 8 heures en hypo, dont 2 ou 3 heures à délirer complètement. Tu vois, avec du recul je me dis que c’était quand même la chose la plus débile de toute ma vie : 8 heures sans sucre dans le sang (dangereux), 3 heures à marcher (inintéressant) à ruminer que j’étais nul (contre-productif). Mais d’un autre côté, c’était quand même le truc le plus enrichissant que j’ai fait de ma vie. Si j’avais été un peu plus adulte je ne serais pas allé au bout, mais si je n’étais pas allé au bout je serais un peu moins adulte aujourd’hui… Donc en fait j’ai pas vraiment de conclusion à donner. Est-ce que je suis prêt pour le suivant ? Absolument pas. Mais je me connais, je suis un Lucky Luke de l’inscription. Le jour où je vais décider d’en faire un, ça sortira de nulle part. Je ne peux donc pas moi-même dire quand cela va se passer. Et oui, les chips m’ont sauvé la vie. (J’imagine la tête des gens qui vont se demander d’où sort cette dernière phrase lol)

3° Parlons entraînement, tu relativises beaucoup le travail et la rigueur que beaucoup de sportifs s’imposent, quelle est ta solution pour performer ?

Plus le temps passe, plus j’ai de mal à critiquer ce que les autres font. Si des mecs veulent s’entrainer 30 heures par semaine, grand bien leur fasse je n’ai absolument rien à leur reprocher. D’ailleurs, qui suis-je pour leur reprocher quoi que ce soit ? Encore une fois plus le temps passe, plus je préfère raconter ce que moi et moi seul je fais dans mon coin, et si ça intéresse des gens alors c’est avec plaisir que j’en parlerai avec eux plus en détail. Bon par contre je vais pas développer ici ma façon de faire parce que ça va gonfler tout le monde, moi le premier… De toute façon c’est assez simple : Je n’ai pas de solution. Les gens qui me connaissent m’entendent chaque année dire que j’ai compris comment je dois m’entrainer. Et en général ils me répondent : « Haha, Oui, oui, C’est bien Colin… » parce qu’ils savent que je vais revenir l’année d’après en disant complètement autre chose. En ce moment, je suis plutôt sur un mode d’efficacité. Pas d’échauffement, pas de récupération, que des entrainements efficaces où j’en chie un max parce que j’adore en chier un max. Mais dans 6 mois j’aurais changé de façon de faire. Et c’est ça qui est cool. La vie c’est dynamique, c’est changeant, c’est incertain. Un peu comme cette réponse qui ne va pas satisfaire personne.

4°-L’année dernière tu es allé pendant quelques semaines t’isoler à la montagne : cela a-t-il été bénéfique pour l’entraînement ?

Bah l’année dernière j’étais déjà dans mon mode « efficacité » alors voici le raisonnement que j’ai tenu : Depuis quelques années, j’ai remarqué que je deviens bon en vélo après avoir monté des cols. Y’a sûrement une explication scientifique à ça mais je m’en moque un peu. Parce que quand je monte des cols, je suis plus fort ensuite, et ça n’a jamais été autrement. Cette preuve me suffit. Là, fallait que je sois fort en vélo pour fin Juin, du coup je suis allé monter des cols début Juin. Voilà. C’est nul comme réponse, hein ? Reconnais que t’aurais aimé que je te parle des séances de méditation  en slip de 4 à 7h du matin en haut du Tourmalet… 😊

5° Je ne te pose pas la question du short à fleurs ? (je la pose quand même, fais comme tu le sens)

Mais c’est avec joie que j’y réponds quand même ! Tu sais quoi, on va faire un fil rouge dans l’interview, je vais continuer sur ma lancée d’efficacité : Les shorts à fleurs, je trouve ça stylé. Depuis que j’en porte en course, ça me fait très plaisir et ça fait marrer les gens sur le bord des courses. Donc j’en mets. Et en plus, ça permet de trouver des questions faciles pour les interviews.

6° Créateur dans l’âme, tu réalises avec ton papa, si je ne me trompe pas des personnalisations de vélos signés M.A.C Cycle, explique-nous le projet, les réalisations ?

Effectivement, avec mon père on peint des vélos à l’arrache totale pour des potes. Notre credo c’est de faire des peintures que personne n’aurait imaginé voir sur un vélo. Le principe est simple : Quelqu’un nous dit : « Oh ! T’imagines on peindrait -ça- sur un vélo ?! » Ensuite, mon père et moi on se regarde l’air de dire : « Tu penses à ce que je pense ?… » et un mois plus tard le vélo est peint. Par exemple, on vient tout juste de finir un vélo avec des giclées de sang et un compteur de victimes pour un duathlète en surpoids.

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Autre exemple, mon vélo est actuellement recouvert d’une peinture contenant du fer rouillé pour faire croire que c’est un vieux vélo. On s’amuse beaucoup.

7° Des envies pour 2018, des courses déjà dans la tête ?

Oui j’ai des envies pour 2018 et… attends : Théo, Thibault, Adri, Max, je sais ce que vous allez dire alors taisez-vous. Bref, j’ai déjà fixé mes deux gros objectifs de saison : Le Tribreizh le 1er Juillet parce que c’est sur mes routes d’entrainement, et le Longue Distance de l’Alpe d’Huez le 2 Août parce que c’est ma passion de faire un semi-marathon en hypo avec un point de côté et la tête qui tourne à cause de l’altitude. Sinon, comme chaque année, je serai au départ des courses bretonnes qui m’ont fait aimer ce sport : Taden, Trégastel, Locquirec, etc…

8° Quel matériel utilises-tu tout au long de la saison ?

Faisons sport par sport : En natation je crois que j’ai une Orca… D’ailleurs faudrait que je la retrouve avant le début de saison, tiens. En vélo je roule sur un Cervélo P3C équipé d’une roue pleine Corima et d’une roue à bâton Xentis. Je serais bien incapable de dire que c’est du bon matos mais quand je me mets en danseuse les roues font un bruit d’enfer, et ça c’est cool. Et à pied c’est la cata… Pour moi, dès lors qu’on objet physique s’appelle « Chaussure », cela veut dire qu’il est utilisable dans les chemins des Monts d’Arrée. Et comme les chemins des Monts d’Arrée sont ultra-techniques, je flingue en moyenne 3 paires par an. Quand je prépare mes affaires la veille de triathlon, je suis toujours confronté au problème de trouver une paire de chaussure qui ne soit pas ouverte en deux.

9° Bretagne ou Montagne ?

Oh la vache c’est comme si tu me demandais de choisir entre mon bras gauche et mon bras droit. Pour l’instant c’est Bretagne, mais on ne sait pas ce que la vie nous réserve ! Par contre, essaye pas de me faire dire ce que j’ai pas dit : Même si un jour je pars vivre à la montagne, la Bretagne restera la terre sacrée de humanité.

10° Trail ou Cross ?

Et maintenant tu me demandes de choisir entre ma jambe droite et ma jambe gauche ! Le cross, c’est mon défouloir. J’adore quand il n’y a rien d’autre à faire que d’aller à fond d’un point A jusqu’à un point B. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai besoin de faire ça. Le trail, ça n’a rien à voir. J’en fais pour apprendre des choses sur moi, sur les autres, pour vivre et explorer de nouveaux défis… Dis-donc, t’as failli me faire finir l’interview sur une note de poésie ! Heureusement que je reste lucide ! Trail ou Cross ? Je choisis le trail, parce que c’est très drôle de courir 10 bornes dans la boue et de vomir à l’arrivée, mais c’est beaucoup plus énormissime de passer 6 heures en hypo tout seul dans la forêt en se demandant si on ne va pas devoir être amputé d’un pied à l’arrivée. Ouais, ça c’est cool.

 

Merci à Colin, qui a pris le temps de répondre à nos questions entre deux séances de VMA 🙂

Suivre Colin Arros sur les réseaux  : @Colin Arros – Breizh Andur

Site internet : breizhandur.lo.gs

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